Aller au contenu principal
Endalise Ouvrir mon dossier

Accueil Dossier chronologique Comment remettre dans l’ordre quinze ans de comptes rendus, d’ordonnances et d’arrêts ?

Le Dossier chronologique

Comment remettre dans l’ordre quinze ans de comptes rendus, d’ordonnances et d’arrêts ?

  • guide pratique
  • Publié le
  • Mis à jour le
  • 11 minutes de lecture
  • Par Jimenez Julien

Vous avez des pochettes dans un tiroir, des photos de comptes rendus sur votre téléphone et des ordonnances glissées dans un sac. Le jour où une gynécologue vous demande depuis quand vous prenez ce traitement, vous ne savez plus. Voici la méthode pour reconstituer une chronologie complète, sans y passer vos soirées.

Femme d’environ quarante cinq ans assise au sol dans un salon clair, étalant des pochettes de documents médicaux en éventail par années sur un tapis

La réponse tient en quatre gestes, dans cet ordre: rassembler sans trier, dater chaque pièce, poser une vingtaine de jalons seulement, puis réclamer ce qui manque. Comptez deux séances de deux heures pour quinze ans de parcours, pas un week end entier.

Ce qui coûte du temps n’est jamais le volume de papier. C’est de commencer par le classement, donc de relire, donc de s’arrêter une demi heure sur une IRM pelvienne de 2014 dont vous aviez oublié la conclusion.

Voici la méthode complète, du carton de pochettes jusqu’à la ligne de vie que vous tiendrez ensuite en un quart d’heure par consultation.

TempsCe que vous faitesCe que vous ne faites surtout pas
InventaireTout sortir, papier et téléphone, en trois pilesLire, classer, jeter
DatationÉcrire au crayon la date de l’acte sur chaque pièceRetenir la date d’impression ou d’envoi
JalonsUne vingtaine de lignes datées qui racontent le parcoursRecopier les comptes rendus
RécupérationDemander par écrit les pièces absentesAttendre la veille du rendez vous
EntretienUn quart d’heure au retour de chaque consultationReprendre le chantier une fois par an

Commencer par l’inventaire, jamais par le classement

Classer suppose des catégories. Des catégories supposent de savoir ce que vous possédez. Tant que trois pochettes dorment dans un sac de sport et onze photos dans votre téléphone, toute catégorie inventée ce soir sera refaite le mois prochain.

L’inventaire est une opération volontairement bête: vous manipulez, vous ne lisez pas.

Tout sortir en une seule fois, y compris le téléphone

Videz sur une table le tiroir, les classeurs, les enveloppes de la caisse, la pochette de la dernière hospitalisation, les ordonnances glissées dans le sac à main.

Ouvrez ensuite la galerie de votre téléphone et votre boîte mail. Les photos de comptes rendus prises en salle d’attente et les pièces jointes envoyées par un secrétariat appartiennent au même inventaire que le papier. Copiez les dans un dossier unique, sans les renommer pour l’instant.

Une seule règle pendant cette phase: rien ne se lit. Vous regardez l’en tête, vous reconnaissez la nature de la pièce, vous posez.

Trois piles seulement: soins, travail, démarches

Trois piles, pas douze. Soins: imageries, comptes rendus opératoires, courriers de spécialistes, ordonnances, résultats de laboratoire. Travail: arrêts, courriers de l’employeur, avis de la médecine du travail, attestations de salaire. Démarches: notifications de la caisse, courriers MDPH, justificatifs.

Une pièce hésitante va dans les soins. Un compte rendu opératoire servira aux trois usages, mais il naît du soin: il y reste, il sera copié plus tard.

À la fin de la séance, vous avez trois piles et un chiffre, le nombre de pièces. C’est votre seul résultat, et il suffit.

Dater chaque pièce, même approximativement

La chronologie est l’ossature du dossier. Sans elle, vous détenez une collection, pas un parcours.

La date de l’acte prime sur la date d’édition

Un compte rendu d’IRM pelvienne porte souvent trois dates: celle de l’examen, celle de la dictée, celle de l’impression ou de l’envoi. Seule la première compte. C’est elle que vous écrivez au crayon, en haut à droite, en clair.

Même logique ailleurs: la date de prescription d’une ordonnance, pas celle de la délivrance en pharmacie. La date de la coelioscopie, pas celle du courrier de sortie posté trois semaines après.

Cette discipline évite de décaler un traitement de plusieurs semaines dans votre ligne de vie. L’écart passe inaperçu sur un an, il rend une chronologie illisible sur quinze.

Que faire d’une pièce sans date lisible

Photocopie coupée, télécopie pâlie, ordonnance manuscrite: encadrez la pièce par deux événements certains. Après telle chirurgie, avant tel changement de traitement. Vous inscrivez alors, en toutes lettres, entre mars 2016 et janvier 2017, date approximative.

Signalez toujours l’approximation. Une date encadrée et annoncée comme telle reste utilisable en consultation. Une date affirmée au hasard vous décrédibilise le jour où elle contredit un compte rendu retrouvé plus tard.

Poser les jalons qui structurent un parcours endométriose

Une praticienne qui vous découvre ne lira pas quinze ans de pièces. Elle a besoin d’une vingtaine de repères datés, et elle réclamera la pièce correspondante uniquement quand un point l’arrête.

Diagnostics, imageries, chirurgies

  • La date des premières douleurs invalidantes, même sans nom posé dessus à l’époque.
  • La date du diagnostic, et le praticien qui l’a posé.
  • Chaque imagerie pelvienne, échographie endovaginale ou IRM pelvienne, avec sa conclusion résumée en une ligne.
  • Chaque coelioscopie, avec les gestes réalisés tels qu’ils figurent au compte rendu opératoire.
  • Toute exploration d’un organe voisin, digestive ou urinaire, avec sa date et son motif.

Traitements hormonaux et changements de traitement

C’est la partie la plus souvent perdue et la plus utile. Pour chaque traitement: nom tel qu’il figure sur l’ordonnance, date de début, date d’arrêt, et surtout motif de l’arrêt.

Un praticien qui reprend votre suivi ne cherche pas seulement ce que vous avez pris. Il cherche ce qui a échoué et pourquoi, pour ne pas vous le proposer de nouveau. Inefficacité, effets indésirables, saignements, projet de grossesse, décision partagée: ces motifs valent des mois de tâtonnement.

Arrêts de travail et hospitalisations

Chaque arrêt avec sa date de début, sa durée, et le motif tel qu’il a été formulé. Chaque hospitalisation, y compris les passages aux urgences pour douleur, avec la date et le nom de l’établissement.

Ces lignes ne servent pas au soin. Elles portent l’essentiel de ce que vous aurez à montrer devant un médecin du travail ou dans une démarche administrative. Elles se posent dans la même chronologie, avec un marquage distinct.

Récupérer les pièces manquantes auprès des établissements

La datation fait apparaître les trous: une imagerie dont vous n’avez que la facture, un compte rendu opératoire jamais reçu, un courrier de spécialiste qui n’est jamais arrivé jusqu’à vous.

Demander une copie de son dossier médical

L’article L. 1111-7 du code de la santé publique vous ouvre l’accès aux informations concernant votre santé, détenues par un professionnel comme par un établissement. Vous n’avez aucun motif à donner. Le texte est consultable sur Legifrance, qui publie le code de la santé publique.

La demande s’écrit court: identité, date de naissance, service et période concernés, nature des pièces demandées, adresse d’envoi, copie de votre pièce d’identité. Elle s’adresse au directeur de l’établissement, ou au praticien pour un cabinet de ville.

Le même article encadre les délais: la communication intervient au plus tard dans les huit jours suivant la demande, après un délai de réflexion de quarante huit heures, et ce délai passe à deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans. Pour un parcours ancien, comptez sur le délai long et lancez les demandes avant de prendre le rendez vous, pas après.

Les établissements conservent le dossier pendant une durée fixée par le code de la santé publique, de l’ordre de vingt ans après le dernier passage. Une hospitalisation des années 2010 se récupère donc encore. Une consultation isolée bien plus ancienne, rarement.

Ce qui peut légitimement vous être facturé

Le même texte limite les frais laissés à votre charge au coût de la reproduction et, le cas échéant, de l’envoi des documents. La consultation sur place, quand l’établissement l’organise, ne se facture pas.

Concrètement, un tarif à la page et l’affranchissement d’un recommandé sont légitimes. Un forfait de dossier ne l’est pas. Demandez le montant avant, et préférez l’envoi numérique quand il est proposé.

Pour la période récente, une partie de ces démarches vous est épargnée si vos comptes rendus ont été déposés dans Mon espace santé, présenté par l’Assurance Maladie.

Tenir un journal de crise en trente secondes

Une chronologie mise à jour une fois par an ne vaut rien: le récit d’une crise se perd en trois semaines. Le journal ne soutient pas la mémoire, il la remplace.

Intensité, localisation, retentissement, mesures prises

Quatre champs, pas davantage. Intensité de zéro à dix. Localisation: bas ventre, lombaire, rectale, à l’épaule droite. Retentissement: ce que la douleur a empêché ce jour là. Mesures prises: antalgique, bouillotte, position allongée, arrêt.

Trente secondes, debout dans la cuisine, un jour où vous n’avez rien d’autre à donner. Un format plus riche ne sera pas tenu, et un journal abandonné en février ne montre rien en octobre.

Noter aussi les jours ordinaires

Un carnet ouvert seulement les jours de crise finit par ressembler à une plainte continue, alors qu’il décrit peut être six jours sur trente.

Une ligne quotidienne, même réduite à un zéro, transforme le relevé en série. Les fautes de tenue les plus courantes, et leur coût en consultation, sont détaillées dans les erreurs de suivi qui rendent vos douleurs invisibles.

Faire vivre la ligne de vie après chaque rendez vous

La remise en ordre est un chantier. L’entretien est une habitude, accrochée toujours au même moment.

Le quart d’heure du retour de consultation

Au retour, avant même de ranger votre carte Vitale: la date, le nom du praticien, ce qui a été décidé, la pièce attendue et la date à laquelle elle devrait arriver.

Un quart d’heure, dans la voiture, le train ou la salle d’attente suivante. Le lendemain, il ne reste qu’une impression générale, et une impression générale ne se met pas dans un dossier.

Les pièces à réclamer sans attendre

Réclamée la semaine même, une pièce s’obtient par un appel au secrétariat. Réclamée trois ans plus tard, elle devient une demande écrite, avec pièce d’identité jointe et deux mois d’attente.

Quinze ans de parcours tiennent finalement sur une vingtaine de lignes datées, trois piles de pièces et un journal de quatre champs. Inventaire, datation, jalons, demandes de copies: dans cet ordre, aucune séance ne dépasse deux heures, et vous ne relisez jamais deux fois le même compte rendu.

Le reste se joue au retour de chaque rendez vous. Si vous hésitez encore sur le support à adopter, la comparaison entre le carnet papier, l’application de cycle et le dossier daté montre ce que chacun tient réellement devant un spécialiste, et la préparation d’un premier rendez vous en centre expert précise ce que la chronologie doit contenir ce jour là.

Endalise a été construit pour ce travail précis: une ligne de vie datée, un journal de crise en quatre champs, un coffre documentaire classé par nature de pièce, et des rappels de récupération après chaque imagerie ou hospitalisation. Pour voir la ligne de vie et la synthèse remise en consultation, demandez une démonstration d’Endalise.

Votre parcours mérite un dossier daté plutôt qu’une reconstitution de dernière minute

Endalise réunit vos comptes rendus d’IRM pelvienne, vos traitements hormonaux, vos chirurgies, vos arrêts et vos crises dans une ligne de vie unique, puis en tire la synthèse attendue par votre médecin traitant, un centre expert, la médecine du travail ou une demande administrative. Vous décidez de ce qui sort du dossier, et pour qui.

Portrait de Jimenez Julien, éditeur d’Endalise et directeur de la publication du site

Jimenez Julien

Auteur et éditeur d’Endalise

J’édite Endalise, l’outil documentaire des femmes suivies pour une endométriose après trente cinq ans: ligne de vie datée, journal de crise, coffre de pièces et synthèses destinées aux soins, au travail et aux démarches françaises. J’écris sur le classement, les preuves et les délais, jamais sur le traitement de votre maladie, qui relève de vos praticiennes et de vos praticiens.

Lire le parcours de Jimenez Julien et la méthode d’écriture d’Endalise

Dans le même dossier

À lire aussi dans Le Dossier chronologique