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Que faut il réunir avant une visite de préreprise avec le médecin du travail ?

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  • Publié le
  • Mis à jour le
  • 10 minutes de lecture
  • Par Jimenez Julien

Demander un aménagement de poste sans éléments datés revient à demander qu’on vous croie sur parole. La visite de préreprise sert précisément à préparer un retour tenable. Voici la liste des pièces à réunir, la fiche d’impact à rédiger, et ce que votre employeur n’a pas à connaître de votre dossier médical.

Femme d’environ quarante six ans debout dans une entrée claire, glissant une chemise cartonnée dans un sac en toile posé sur une console en bois

Réunissez quatre choses, et rien de plus. Une chronologie datée de vos arrêts et de vos soins, la liste de vos traitements en cours avec leurs effets à connaître au travail, les coordonnées des praticiens qui vous suivent, et une fiche d’impact d’une page décrivant des situations de travail.

Ce que vous n’avez pas à apporter compte tout autant: la liasse complète de vos comptes rendus, vos images d’IRM pelvienne, et toute phrase concluant à votre aptitude ou à votre inaptitude. Cette conclusion n’appartient qu’au médecin du travail.

La suite précise ce qu’est exactement cette visite, ce que contient chaque pièce, comment rédiger la fiche d’impact sans parler de symptômes, ce que votre employeur ne recevra jamais, et la liste à cocher la veille au soir.

À quoi sert exactement la visite de préreprise

C’est le rendez vous le plus mal connu du parcours professionnel, et souvent le plus utile pour une femme dont les arrêts se répètent.

Anticiper le retour pendant l’arrêt

La visite de préreprise se tient pendant votre arrêt de travail, pas après. C’est toute la différence avec la visite de reprise, qui intervient au retour et que l’employeur organise.

Son objet est de préparer un retour tenable: examiner ce que votre poste exige, repérer ce qui coince, et permettre au médecin du travail de préparer des propositions avant que vous ne repreniez. Un retour préparé évite la séquence classique d’une reprise à l’identique suivie d’un nouvel arrêt six semaines plus tard.

Elle se distingue aussi du rendez vous de liaison, qui vous met en relation avec votre employeur pendant l’arrêt et n’a rien de médical.

Qui peut en prendre l’initiative

Vous pouvez la demander vous même. C’est le point le plus souvent ignoré, et il change beaucoup de choses quand la relation avec l’employeur est tendue.

Le médecin traitant peut également la solliciter, comme le médecin conseil de l’Assurance Maladie. La demande s’adresse au service de prévention et de santé au travail dont dépend votre entreprise.

Cette visite ne se déclenche pas seule. Personne ne vous appellera pour vous la proposer si vous ne l’avez pas demandée.

Les pièces à réunir avant le rendez vous

Un dossier court et daté est plus utile qu’une liasse complète. Le médecin du travail n’a pas besoin de refaire votre suivi médical, il a besoin de comprendre ce que votre situation impose à votre poste.

Chronologie datée des arrêts et des soins

Une page suffit: dates de début et de fin de chaque arrêt sur les deux dernières années, hospitalisations, coelioscopie éventuelle, examens marquants.

Ajoutez la durée réelle de chaque arrêt et, quand elle existe, la répétition mensuelle des journées perdues. Une succession de trois arrêts courts par trimestre ne raconte pas la même chose qu’un arrêt long isolé.

Traitements en cours et effets à connaître

Listez ce que vous prenez, à quel moment de la journée, et surtout les effets qui touchent le travail: somnolence, vertiges, nausées, difficultés de concentration.

C’est ce niveau de détail qui permet de discuter d’un horaire de prise de poste ou de la conduite d’un véhicule de service, pas le nom de votre diagnostic.

Coordonnées des praticiens qui vous suivent

Notez votre médecin traitant, votre gynécologue, la structure spécialisée si vous en avez une, et le chirurgien si une intervention est envisagée.

Le médecin du travail est soumis au secret médical comme eux. Ces coordonnées lui permettent, avec votre accord, d’échanger avec vos soignants et de caler ses propositions sur ce qui est réellement prévu.

Rédiger une fiche d’impact strictement factuelle

C’est la pièce que personne ne vous demandera et qui sera pourtant la plus lue. Une page, en colonnes, sans adjectif.

Décrire des situations de travail, pas des symptômes

La règle tient en une phrase: vous décrivez une tâche et ce qui la rend difficile, jamais une douleur en elle même.

Comparez les deux formulations. Douleurs pelviennes très fortes en fin de journée ne dit rien d’exploitable. Station assise continue au delà de quatre vingt dix minutes impossible sans changement de position, une à deux fois par semaine, plutôt en fin de journée, permet d’envisager une organisation différente.

Restez sur des faits observables: déplacements, port de charges, station debout, horaires de nuit, réunions longues, éloignement des sanitaires, trajets domicile travail.

Fréquence, durée, moment de la journée

Chaque ligne porte trois informations: à quelle fréquence la gêne survient, combien de temps elle dure, à quel moment elle apparaît. Sans ces trois éléments, une gêne reste une impression.

Une seule interdiction, absolue: ne concluez jamais sur votre aptitude ni sur la nécessité d’un temps partiel. Vous apportez les faits, l’avis appartient au médecin du travail. Cette confusion entre pièces documentaires et conclusions est celle qui coûte le plus cher, comme le détaille le calcul des heures et des euros perdus dans un dossier éparpillé.

Ce que votre employeur n’a pas à connaître

C’est la crainte la plus fréquente, et la plus légitime. Elle mérite une réponse nette.

Le secret médical reste entier

Votre employeur ne reçoit ni votre diagnostic, ni vos comptes rendus, ni le contenu de vos échanges avec le médecin du travail. Le mot endométriose n’a pas à figurer dans ce qui lui est transmis.

Vous restez seule à décider de ce que vous dites, à qui, et à quel moment. Certaines femmes choisissent d’en parler, d’autres non, et les deux positions se défendent selon l’entreprise.

Ce que reçoit l’employeur: des propositions, pas un diagnostic

L’article L. 4624-3 du code du travail permet au médecin du travail de proposer des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste, ou des mesures d’aménagement du temps de travail.

Ces propositions sont écrites et motivées par des considérations relatives à votre état de santé, sans que l’état de santé lui même soit divulgué. Concrètement, l’employeur reçoit une mesure, pas une cause. Les dispositifs de la médecine du travail sont présentés par le ministère chargé du travail sur son site officiel.

La checklist à cocher la veille

Le soir précédent, tout doit être imprimé et rangé dans une seule pochette. Une pièce qui reste dans un téléphone est une pièce que vous ne montrerez pas.

  1. La chronologie datée des arrêts et des soins, sur une page.
  2. La fiche d’impact professionnel, une page, en colonnes, sans conclusion sur l’aptitude.
  3. La liste des traitements en cours et de leurs effets à connaître au travail.
  4. Les coordonnées de vos praticiens, avec la mention de ceux que vous autorisez à être contactés.
  5. Votre fiche de poste ou, à défaut, la description des tâches réellement effectuées.
  6. Vos trois demandes, hiérarchisées, formulées en termes d’organisation du travail.

Sur ce dernier point, tenez vous à trois. Un horaire décalé de trente minutes, la possibilité d’alterner assis et debout, une journée télétravaillée positionnée sur les jours les plus difficiles: trois demandes précises passent mieux qu’une liste de dix.

Après la visite: ce qui doit être écrit et conservé

Une visite bien préparée ne vaut que si ses suites sont tracées. Comptez vingt minutes au retour, pas davantage.

Classer les documents remis

Rangez immédiatement ce qui vous a été remis, avec la date de la visite, dans la partie travail de votre dossier, séparée de la partie soins.

Notez aussi ce qui a été dit sans être écrit, avec les mots employés. Cette note vous servira si les propositions transmises diffèrent de ce que vous aviez compris.

Programmer le point de suivi

Posez une échéance dans votre agenda pour vérifier deux choses: que les mesures proposées ont bien été mises en oeuvre, et qu’elles produisent l’effet attendu.

Continuez à noter, semaine après semaine, les journées où l’aménagement a suffi et celles où il n’a pas suffi. C’est ce relevé qui portera la demande suivante, si elle devient nécessaire. Les évolutions du parcours à connaître pour anticiper ces échéances sont réunies dans ce qui change dans le parcours endométriose et la manière de s’y préparer.

Une dernière précision utile: cette démarche professionnelle est indépendante d’une demande d’ALD. Les deux dossiers se nourrissent de la même chronologie, mais s’adressent à des interlocuteurs différents et n’appellent pas les mêmes pièces, comme l’explique le fonctionnement réel d’une demande d’ALD hors liste.

En résumé: une page de chronologie, une page d’impact, une liste de traitements, des coordonnées, trois demandes hiérarchisées. Des faits datés, aucune conclusion sur votre aptitude, et un point de suivi programmé avant même de quitter le rendez vous.

C’est précisément ce que prépare la fiche d’impact professionnel d’Endalise, adossée à votre ligne de vie datée: les arrêts, les soins et les journées difficiles y sont déjà consignés, et la fiche se remplit à partir d’eux plutôt que de mémoire.

Si une visite de préreprise approche, demandez une démonstration de la fiche d’impact Endalise en indiquant depuis quand durent vos arrêts et ce que votre poste exige.

Votre parcours mérite un dossier daté plutôt qu’une reconstitution de dernière minute

Endalise réunit vos comptes rendus d’IRM pelvienne, vos traitements hormonaux, vos chirurgies, vos arrêts et vos crises dans une ligne de vie unique, puis en tire la synthèse attendue par votre médecin traitant, un centre expert, la médecine du travail ou une demande administrative. Vous décidez de ce qui sort du dossier, et pour qui.

Portrait de Jimenez Julien, éditeur d’Endalise et directeur de la publication du site

Jimenez Julien

Auteur et éditeur d’Endalise

J’édite Endalise, l’outil documentaire des femmes suivies pour une endométriose après trente cinq ans: ligne de vie datée, journal de crise, coffre de pièces et synthèses destinées aux soins, au travail et aux démarches françaises. J’écris sur le classement, les preuves et les délais, jamais sur le traitement de votre maladie, qui relève de vos praticiennes et de vos praticiens.

Lire le parcours de Jimenez Julien et la méthode d’écriture d’Endalise

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